La botte de paille en région parisienne : oui c’est possible !

Une maison emballée, un propriétaire rassuré, un locataire satisfait.

Publié le 06 juillet 2026

Que peut faire un propriétaire d’une maison de 1920 lorsque son locataire souffre du froid en hiver ? Isoler la maison, bien entendu. Comme il est charpentier et engagé envers les solutions écologiques, et qu’il souhaite valoriser cette petite maison en briques comme un patrimoine précieux, avec le locataire qui vit dedans, il choisit une isolation par l’extérieur, avec des bottes de paille. 

Car celle-ci est compatible avec la perspirance des murs, très présente en Ile de France et peu onéreuse. 

Il n’y a pourtant pas encore de Règles Professionnelles pour l’ITE en bottes de paille, mais l’entreprise Les Grands Moyens Construction est formée et la seule en Ile de France a être assurée sur cette technique.

Cette isolation écologique est conçue avec sur la façade rue, orientée au sud, des demi-bottes (en 22 cm d’épaisseur) ce qui apporte une résistance thermique (R) de 4,23 W.m⁻¹.K⁻¹. Tandis que côté jardin, la façade nord (moitié ancienne en briques et moitié récente en parpaings) a reçu des bottes de 36 cm, ce qui amène le R à 7,1.  

Pour limiter l’effet assombrissant créé par l’épaisseur importante de l’isolant, il a été pratiqué un arrondi autour des ouvertures, basé sur des précadres en bois. Avec un soin particulier apporté à la continuité de l’isolant et l’absence de ponts thermiques (pas d’armatures et rebouchages), l’enduit final en chaux et terre apporte un rendu légèrement texturé qui accroche la lumière et donne à la façade une discrète matérialité. 

Témoignage de Alice de Nardi, de la coopérative Les Grands Moyens Construction : 

"Le point clé a été la logistique du stockage et de la protection de la paille dans la courette de cette petite maison. De plus, cette maison était habitée, et même si les locataires ont bien joué le jeu, il fallait aussi respecter leur quotidien. 

Ce projet démontre qu’un bâti ancien en briques peut atteindre un niveau de performance thermique élevé grâce à des solutions simples, locales et faiblement transformées. La rénovation devient alors un levier concret de transition écologique, conciliant respect du patrimoine, confort des occupants et réduction de l’impact environnemental."